Comparer ses enfants aux autres, un réflexe humain qui peut devenir une exigence

Des premiers pas aux bulletins scolaires, la comparaison entre enfants accompagne la vie familiale et peut peser lourd sur la charge mentale des adultes.

Émilie Fontaine Par Émilie Fontaine
4 min de lecture
Comparer ses enfants aux autres, un réflexe humain qui peut devenir une exigence
Photo d’illustration. Consultation d’images et de contenus sur un smartphone.

En bref

  • Comparer l’évolution de son enfant à celle des autres est un réflexe profondément humain, selon la psychologue Zoé Glardon.
  • Ce repère peut devenir une exigence : faire toujours mieux, toujours plus tôt.
  • Les réseaux sociaux, avec leur parentalité de vitrine, accentuent cette pression.
  • Adultes et enfants en subissent les effets, de la charge mentale à l’estime de soi fragilisée.

Oui, comparer son enfant à ceux des autres est un réflexe courant, et la psychologue fribourgeoise Zoé Glardon l’admet sans détour. Le souci apparaît quand ce regard se transforme en pression, pour les parents comme pour les petits. Le propos est rapporté par 20 minutes, d’après le média « La Liberté ».

Des premiers pas aux notes de l’adolescent

La comparaison ne s’arrête jamais vraiment. Elle démarre avec le bébé, dès qu’il avance un pied devant l’autre, et accompagne la famille jusqu’aux bulletins de l’adolescent. Les parents suivent l’évolution de leurs enfants et la mettent en regard de celle des autres. Pour la psychologue, cette pression est néfaste.

Les premiers pas, les premiers mots ou les bonnes notes à l’école comptent parmi les jalons autour desquels cette habitude s’installe. Chacun de ces moments devient alors un point de repère face aux enfants des voisins, des amis ou de la famille. Selon l’article, le chronomètre social s’emballe dès que l’enfant a posé un pied devant l’autre.

Un réflexe humain qui rassure, puis presse

« Comparer est pourtant un réflexe profondément humain », rappelle Zoé Glardon, psychologue fribourgeoise. Devenir parent ne s’accompagne d’aucune notice : regarder ce que vivent les autres familles peut donc apaiser, ou donner l’impression de ne rien laisser passer de ce qu’il faudrait savoir.

Le basculement se produit lorsque cette référence tranquille se change en obligation de faire toujours mieux, toujours plus tôt. L’enfant n’avance plus à son rythme : il devient l’objet d’une évaluation permanente. La psychologue rappelle aussi : « Un parent peut se retrouver débordé sans que cela fasse de lui un nul ! »

Dans les propos de Zoé Glardon, le fait d’observer d’autres parents n’a rien d’anormal en soi : il répond à l’absence de guide pour exercer ce rôle. Le piège tient à l’illusion de contrôle qu’il procure, celle de ne manquer aucune information utile sur ce que les autres familles semblent réussir. Le récit de 20 minutes décrit ainsi un repère qui peut basculer en exigence personnelle, au point que l’adulte se juge à l’aune de la progression d’un autre enfant que le sien.

Les réseaux sociaux resserrent l’étau

Les réseaux sociaux ont encore durci la situation. Les parents y croisent des conseils éducatifs d’un côté, des scènes de famille savamment cadrées de l’autre : une parentalité de vitrine. Selon l’article, entre les injonctions du quotidien et cette mise en scène, certains parents finissent par transformer l’enfance en course à la performance.

Ce constat est avancé par la psychologue. Le lien exact entre ces réseaux et l’estime de soi des enfants reste une analyse attribuée à Zoé Glardon.

La psychologue insiste sur un point : être débordé ne dit rien de la valeur d’un parent. Cette phrase vise celles et ceux qui, face aux images soignées d’autres foyers, en viennent à douter d’eux-mêmes. Le texte relayé par 20 minutes parle d’une rivalité silencieuse, c’est-à-dire une concurrence que personne ne déclare mais que chacun ressent devant les conseils éducatifs et les scènes de famille mises en scène.

Les conséquences concrètes, côté adultes et côté enfants

Cette rivalité silencieuse laisse des traces des deux côtés :

  • Chez les adultes, elle peut alourdir la charge mentale et nourrir un sentiment de dévalorisation.
  • Chez les enfants, elle peut les exposer à la surstimulation et fragiliser leur estime de soi.

Les adultes comme les enfants sont donc concernés : la pression de la comparaison pèse sur la charge mentale des parents, et sur la confiance en soi des plus jeunes. Zoé Glardon présente ce regard sur les autres familles comme un réflexe humain qui, mal canalisé, devient une source de tension.

Pour les plus jeunes, la surstimulation évoquée par la psychologue correspond à une enfance où les apprentissages s’enchaînent sous le regard des adultes, comme si chaque étape devait être franchie plus tôt que chez les autres. Dans le même temps, une estime de soi fragilisée touche l’enfant qui se sent évalué en continu. Ces effets sont avancés par Zoé Glardon, selon 20 minutes, sans chiffre ni étude à l’appui.

Photo : cottonbro studio / Pexels