Dire non à un bisou de la grand-mère, un droit pour l’enfant ?
Quand mamie ouvre les bras et que l’enfant se cache derrière son père, une psychanalyste invite les parents à respecter ce refus devant toute la famille.
En bref
- Une psychanalyste, Valérie Sengler, estime que l’enfant doit pouvoir refuser un contact physique, même avec un proche.
- Le refus apparaît plus souvent vers 5-6 ans et à l’adolescence.
- Signe de la main, poignée de main ou « check » peuvent remplacer le bisou.
- Dire non aide l’enfant à prendre conscience de sa valeur et à poser des limites.
Le salon est plein, la grand-mère tend les bras, et l’enfant se cache derrière la jambe de son père. Dans ce moment gênant, c’est souvent l’adulte qui hésite le plus. Selon un article publié par Sud Ouest le 13 octobre 2026, le parent ne doit pas s’opposer au refus de son enfant d’embrasser sa grand-mère ou son tonton.
Le corps de l’enfant lui appartient
Valérie Sengler, psychanalyste à Saint-Mandé et Paris, défend ce principe sans détour. Pour elle, un enfant doit avoir le droit de ne pas vouloir de contact physique, même avec un proche.
« Un enfant est une personne à part entière, qui doit pouvoir décider de ce qui se passe dans son espace corporel »
Valérie Sengler, psychanalyste à Saint-Mandé et Paris
L’article met en parallèle une règle qui paraît évidente entre adultes : on n’embrasse ni ne touche personne sans son accord. Cette logique devrait, selon lui, s’appliquer aux enfants. Il souligne aussi l’intérêt d’enseigner très tôt à un petit que son corps lui appartient, y compris lorsqu’il s’agit des bisous destinés à la famille.
D’où vient le refus
Ce rejet se manifeste plus souvent autour de 5-6 ans, puis à l’adolescence, au moment où le besoin de préserver son espace personnel s’affirme davantage.

La relation compte également. Un grand-parent que l’enfant voit tous les trois ou six mois n’est pas forcément ressenti comme une personne proche, même s’il fait partie de la famille. Le refus ne traduit donc pas nécessairement un manque d’affection : il peut simplement refléter une distance que l’enfant perçoit.
Que dire et que faire devant la famille
La difficulté vient parfois des grands. Le parent peut se sentir gêné, ou craindre de vexer ses propres parents, ses frères ou ses sœurs. Valérie Sengler le résume ainsi : « c’est souvent le parent que ça met mal à l’aise, pas l’enfant ». Son rôle consiste à permettre à l’enfant de dire non et à le défendre face à l’entourage, sans que la situation tourne au conflit.
Quelques réflexes concrets ressortent de l’article :
- évoquer une raison précise, comme une barbe qui pique, la timidité ou un inconfort ;
- proposer un autre geste de salutation : un signe de la main, une poignée de main, un « check » ou un bisou soufflé sur la main ;
- présenter le refus comme une qualité, en disant par exemple « Elle sait ce qu’il veut » ou « il a du cran, il sait dire non ».
Face à un proche qui se vexe, la psychanalyste répond : « Si un adulte se vexe, ce sentiment lui appartient. L’enfant n’a pas à accepter un contact physique pour faire plaisir ».
Un non qui aide l’enfant à se construire
Selon l’article, dire non permet à l’enfant de prendre conscience de sa valeur et de poser des limites. Valérie Sengler va plus loin : pour elle, « cette capacité à se défendre constitue également un élément de prévention face aux violences et aux abus sexuels ». Il s’agit de son analyse, attribuée à elle seule.
Dans la pratique, l’article invite donc les parents à accueillir ce refus avec calme plutôt qu’avec embarras, et à le défendre devant le reste de la famille.
Photo : Yan Krukau / Pexels
