PTZ parentalité : ce que les députés ont approuvé en commission
Les députés ont supprimé le plafond de revenus et porté le prêt à 100 000 euros pour les enfants de moins de cinq ans, mais ce vote en commission n’est qu’une première étape.
Jeudi 8 octobre 2026, lors de l’étude du budget 2027, des députés siégeant en commission des Finances ont donné leur feu vert à un nouveau prêt à taux zéro baptisé « parentalité ». Il viserait les familles en attente d’un enfant ou avec un jeune enfant, désireuses de changer de logement. Pour un foyer devenu trop à l’étroit après une naissance, l’idée est séduisante, mais il faut le dire d’emblée : rien de tout cela n’est encore en vigueur.
En bref
- Il viserait les familles en attente d’un enfant ou avec un jeune enfant, désireuses de changer de logement.
- La mesure pourra alors être modifiée, réduite, supprimée ou confirmée.
- Un notaire ou un avocat peut aider à rédiger ces clauses avant toute signature.
Ce que le gouvernement proposait, ce que les députés ont modifié
Le texte déposé par l’exécutif prévoyait une tranche supplémentaire de PTZ pour les foyers attendant un enfant, ou ayant déjà un enfant de moins de trois ans, sous réserve de plafonds de ressources. Le but annoncé : faciliter le passage à un logement mieux adapté quand un bébé arrive, alors que la natalité recule. CESdeFrance précise que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, soutient la mesure pour redonner de l’élan aux naissances.
Un amendement du député MoDem Jean-Paul Mattéi a changé la donne en commission. D’après Parents et Yahoo, le texte adopté supprime le plafond de revenus, fixe à 100 000 euros le montant maximal du prêt et élargit le public aux familles comptant un enfant de moins de cinq ans. Les couples qui attendent un enfant restent éligibles.
| Point | Version du gouvernement | Version amendée en commission |
|---|---|---|
| Revenus | Plafonds de ressources | Plafond supprimé |
| Enfant concerné | À naître ou de moins de trois ans | À naître ou de moins de cinq ans |
| Montant maximal | Non précisé dans les sources consultées | 100 000 euros |
Un crédit sans intérêts, pas une somme versée
Ce prêt n’est pas une somme versée aux parents : c’est un crédit dont on ne paie pas les intérêts. Il se combine avec un ou plusieurs autres emprunts, puisqu’il ne couvre pas forcément tout le projet immobilier. Supprimer la condition de revenus ne signifie pas non plus que toutes les demandes seront acceptées : les règles de financement, en particulier la part du coût de l’opération que le prêt pourra couvrir, restent à préciser, tout comme les modalités d’application.
Un vote qui ne vaut pas adoption
Le vote en commission n’a qu’une valeur indicative. Les députés reprendront le budget en séance publique dès le mardi 13 octobre, et la discussion repartira de zéro. La mesure pourra alors être modifiée, réduite, supprimée ou confirmée. Les familles concernées devront donc patienter jusqu’au vote définitif du budget 2027 : ce n’est qu’alors qu’on saura si le plafond de revenus disparaît réellement, sous quelles conditions emprunter et à quelle date.

Des réactions très partagées
Jean-Paul Mattéi défend un dispositif qu’il qualifie de « mesure de bon sens », pensé pour les jeunes couples qui peinent à s’offrir un logement plus grand. Il admet que la mesure peut sembler onéreuse, mais assure qu’elle générera des recettes grâce aux investissements qu’elle déclenchera. À ses yeux, le coût apparent sera compensé par les ressources nouvelles que ces travaux feront rentrer.
À gauche, l’élargissement ne fait pas l’unanimité. Le député LFI Éric Coquerel craint de voir des ménages aisés faire concurrence à des familles aux moyens plus limités pour accéder à la propriété. Les écologistes contestent le principe même du dispositif : ils y voient une sorte de « bonus familial » pour des ménages parfois déjà propriétaires, alors que ce prêt a toujours été conçu comme un outil pour devenir propriétaire une première fois. La discussion se résume ainsi : cette aide doit-elle rester ciblée sur les foyers modestes, ou s’adresser à l’ensemble des parents de jeunes enfants ?
Signer un compromis en comptant sur ce prêt ?
Les futurs acquéreurs tentés de signer dès maintenant en misant sur ce prêt prennent un risque. Le cabinet d’avocats kohenavocats.fr met en garde : le vote de la commission reste indicatif, et s’engager dans un compromis en s’appuyant sur un financement qui n’existe pas encore peut faire perdre à l’acheteur son dépôt de garantie, ou le maintenir engagé dans un achat qu’il n’arrive plus à financer.
La parade juridique est la condition suspensive d’obtention du prêt. Selon le cabinet, le compromis doit indiquer si le prix sera payé, même en partie, grâce à un crédit : dans ce cas, le code de la consommation (article L. 313-41) soumet alors la vente à la condition suspensive d’obtenir ces prêts. Cette condition doit rester valable au moins un mois à compter de la signature. Le cabinet recommande néanmoins de ne pas se reposer sur ce rattrapage légal et de détailler la clause : montant du prêt attendu, durée, taux maximal accepté et délai.
Pour le futur prêt parentalité, dont le montant, la durée et jusqu’à l’existence restent incertains, le cabinet conseille d’étendre la condition à tout le plan de financement, soit le prêt aidé espéré et le prêt bancaire principal, avec pour chacun ses caractéristiques. Il rappelle aussi, en citant un arrêt de la Cour de cassation du 9 avril 2026, qu’une seule demande de prêt conforme aux caractéristiques prévues, déposée dans le délai convenu et restée sans suite favorable, n’empêche pas la condition de se réaliser, sauf stipulation contraire du compromis. Un notaire ou un avocat peut aider à rédiger ces clauses avant toute signature.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Celette. Licence : CC BY-SA 4.0.
